Superfaces

Une exposition d'Adrien Jutard proposée par Yves Guignard
Du 3 mars au 2 juin 2016

Le Cabanon présente Superfaces, une exposition d'Adrien Jutard proposée par Yves Guignard, au coeur de laquelle se trouveront les interrogations sur la surface picturale et sur la couleur.

 

« SUPERFACES » : Une surface plate recouverte de couleur et accrochée contre un mur peut être, selon une tradition qui remonte à la Renaissance, une fenêtre qui le perce. Ainsi le tableau devient un espace d’illusion, une ouverture. Pourtant, la surface peinte peut aussi être intégrée à l’architecture, ce qui offre une tout autre résonnance à l’espace. Enfin, on peut se saisir de la surface peinte, la plier, la tordre, la déformer et la disposer dans la troisième dimension où elle devient sculpture.

Autant d’aspects autour desquels se déclinera « Superfaces », à découvrir dès le mois de mars dans l’espace du Cabanon.

Communiqué de presse téléchargeable ici.

| Finissage de Superfaces et inauguration du Pavillion | Jeudi 2 juin, à partir de 18h |

Le jeudi 2 juin aura lieu le finissage de l’exposition Superfaces ainsi que le vernissage de la publication monographique sur l’artiste Adrien Jutard, dans l’espace du Cabanon. Conjointement à cela, dès 19h, en face de la grange de Dorigny et avec un taboulé géant, nous fêterons l’achèvement du gros-oeuvre du Pavillon. Le espace d’exposition, éphémère, réalisé en collaboration avec le laboratoire EAST de l’EPFL.  
table rondea4 - copieTable ronde, Le commissaire d’exposition : un artiste comme les autres ?
| Jeudi 12 mai 2016, 17h, Anthropole, Salle 2120 |

Le dialogue entre champs colorés et technique de réalisation confère aux tableaux, aux surfaces peintes ou encore aux sculptures densité et profondeur. En écho à la collaboration entre l’artiste et le commissaire d’exposition, la table ronde questionnera le positionnement du commissaire : est-il un artiste comme les autres ?

Les intervenants discuteront du rôle du commissaire d’exposition et de sa pratique, et cela sous plusieurs points de vue. On s’intéressera notamment au rapport entre les artistes et le commissaire d’exposition, ainsi qu’à la place de ce dernier dans la scène artistique contemporaine.

À cette table ronde, modérée par Ariadna Lorenzo Sunyer (doctorante à l’Université de Barcelone après un master à l’Unil), prendront la parole différentes personnalités actives dans la scène artistique régionale, mais aussi nationale ou internationale.

Christian Jelk

Artiste et architecte de formation, Christian Jelk est l’actuel vice-président de Visarte Vaud. Commissaire s’intéressant particulièrement à la question de la scénographie, Christian Jerk présente actuellement son exposition individuelle à la Galerie d’(A).
Nicolas Raufaste
Artiste franco-suisse diplômé de la Haute Ecole d’Art et de Design (HEAD), Nicolas Raufaste est aussi commissaire d’exposition. Il a exposé dernièrement en solo à Espace Libre (Bienne) et fait partie d’associations diverses comme Kunstart, biais par lequel il développe sa pratique curatoriale.

Eric Winarto

Artiste-peintre, plasticien, commissaire d’exposition, Eric Winardo est d’origine malaisienne et travaille à Genève. Dernièrement, il a cherché à modifier l’espace habituel d’exposition avec l’élaboration de wall paintings dans son exposition “Blacklight Selva“. De plus, il prend part à diverses activités curatoriales.

Séverine Fromaigeat

Historienne de l’art, critique d’art, commissaire d’exposition, Séverine Fromaigeat est spécialiste de l’art suisse des deux derniers siècles et des pratiques artistiques contemporaines. Elle contribue à plusieurs revues comme Art Collector ou Code 2.0 et expose en ce moment à l’espace Hit, à Genève.

Presence

Une exposition de Caroline Bachmann et Stefan Banz proposée par Emily Fayet, du 8 octobre au 21 décembre 2012

QUATRE CABANES POUR UN CABANON

L’exposition Presence, spécialement conçue pour le Cabanon, a comme première volonté de s’adapter au concept ayant donné naissance à cet espace d’exposition. Pour ce faire, Caroline Bachmann et Stefan Banz ont ajouté quatre petites cabanes aux côtés du grand cabanon préexistant, la marque visuelle de l’espace. Le choix du chiffre n’est bien sûr pas anodin, les cinq cabanes abritant une série de cinq sculptures identiques, conçues en 2005 par Caroline Bachmann et éditées à cinq exemplaires par « Edition 5 ». La démultiplication des cabanes et de cet objet aux contours énigmatiques évoque alors une question centrale dans le travail des deux artistes, celle de l’original et de la copie. De plus, l’ensemble interroge le rapport du contenant et de son contenu ; les cabanes, elles-mêmes comprises au sein du grand bâtiment de l’Anthropole, deviennent ainsi à leur tour espace d’exposition.

La sculpture, intitulée Presence, est une adaptation libre d’un objet figurant sur la pochette de l’album Presence de Led Zeppelin (1976). Elle en tire sa forme et son nom, mais représente toutefois une interprétation en trois dimensions de cet objet bidimensionnel. La sculpture, de par sa couleur noire et son aura mystérieuse, évoque également le monolithe de 2001, l’Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick (1968). Emplie d’une inquiétante étrangeté émanant de sa forme indéfinie, celle-ci incarne à elle seule le noyau de chaque cabane, identique mais compris dans un espace différent. En effet, de cabane en cabane, l’appréhension visuelle de la sculpture est modifiée compte tenu ...

Hommages à la matière

Une exposition d'Etienne Krähenbühl proposée par Davide Nerini, du 1er mars au 26 mai 2011

L’exposition se compose d’une sélection d’œuvres appartenant à la production de l’artiste suisse Etienne Krähenbühl. Neuf pièces au total sont retenues et disposées selon une logique signifiante : dès les premières réflexions autour du projet destiné au Cabanon, nous avons cherché une muséographie thématisant les enjeux propres au lieu. D’abord, l’architecture articulée et monumentale des espaces, imposant des lignes complexes à la perception spatiale du visiteur, détermine un équilibre difficile entre décor et objet exposé. À ce constat s’ajoute la particularité de l’usager qui conditionne la rencontre avec les objets d’art situés dans un espace défini avant tout comme lieu de passage dénué de tout intérêt autre qu’utilitaire. Le visiteur potentiel ne regardera pas l’objet qui se dresse sur son passage comme une œuvre d’art à questionner et à déchiffrer, mais avant tout comme un objet perturbant sa trajectoire quotidienne. Ainsi, contrairement à ce qui se passe dans un contexte d’exposition ordinaire où l’objet artistique est recherché et attendu par le visiteur, le contact avec l’œuvre se caractérise ici par une certaine méfiance, voire plus communément par un non-regard d’indifférence. Cette dynamique du contact accidentel a orienté de façon déterminante notre choix vers une typologie d’objets désireux de construire un dialogue avec le visiteur à travers dʼautres moyens que la seule contemplation, c’est-à-dire en intervenant de façon efficace et directe sur lʼindividu afin de pouvoir ainsi briser sa traversée stérile du non-lieu premier.

Etienne Krähenbühl investit donc le moment de la rencontre entre le visiteur et l’objet exposé. Ce dernier semble avant tout se définir par cette rencontre, si bien qu’en son absence, il perdrait une partie primordiale de sa raison d’être, voire de sa mission. Dans ce sens, Le Secret de Nemphet Kassateht – sculpture réalisée expressément pour cette exposition – illustre parfaitement ces préoccupations. Ce monolithe en fer corrodé d’environ quatre mètres de hauteur, dynamique et imprévisible, joue avec les proportions monumentales de la colonne. Il s’impose ainsi par sa verticalité tout en surprenant la perception du spectateur par son mouvement horizontal : des centaines de kilos de matière rouillée déploient, dans ce même mouvement, une légèreté qui s’oppose fermement à l’expérience quotidienne. Ainsi, de part ses caractéristiques formelles et son emplacement, l’œuvre interroge sans cesse sa présence dans un espace donné. Elle semble en outre demander à notre œil d’en estimer les dimensions, le poids et l’immobilité. Son emplacement ne fait que renforcer ce sentiment : comme un pilier en fer, elle fait écho à une série de véritables colonnes en béton qui construisent l’espace d’exposition. Cet objet est donc instinctivement associé à une hypothétique fonction structurelle, d’autant plus que ses dimensions et son matériau lourd imposent une certaine monumentalité écrasante. De plus, il fait obstacle au visiteur lorsque, placé à l’intersection des deux espaces majeurs composant la surface de l’exposition, il détourne la fonction première du lieu de transition. Le passage ne se caractérise plus par une traversée stérile, mais il s’entend comme une rencontre. C’est ainsi que Le Secret de Nemphet Kassateht – tout comme le travail d’Etienne Krähenbühl dans son ensemble – s’offre dans une dimension anti-illusionniste. Cette dernière caractéristique est fondamentale pour dépasser la contemplation et atteindre ainsi l’activation du corps du spectateur par le biais du contact haptique. Le regardeur devient ainsi un véritable visiteur pour lequel l’accès à l’œuvre est garanti et encouragé.