Istvan Balogh

Une exposition proposée par Angela Benza et Alexia Ryf, du 25 février au 25 juin 2010

Le Cabanon présente deux séries récentes :

Sorties du cadre de la danse, les Suggestions théâtrales, 2010 Réalisées pour cette première exposition, ces grandes photographies sont présentées, en diptyque ou en triptyque, sur les murs adjacents au Cabanon. Le photographe détourne et transpose dans un autre univers les aptitudes gestuelles et chorégraphiques acquises par le danseur. Sorties du cadre de la danse, les Suggestions théâtrales deviennent des successions et des combinaisons de mouvements incohérents en eux-mêmes et dans leur agencement. Des corps, des expressions et des mouvements se confrontent à une incohérence rappelant celle de l’étrange gestuelle documentée par l’Iconographie photographique de la Salpêtrière dans le service du professeur Charcot à la fin du XIXe siècle. L’exposition même de ces pièces crée une tension : comment donner une cohérence à une suite d’incohérences ?

Sur-face, 2007 À l’intérieur du Cabanon, le spectateur se trouve confronté à une série de portraits féminins disposés sur une même ligne parcourant trois parois. Un éclairage froid et uniforme achève de placer ces portraits de femmes sur un pied d’égalité. L’aspect sériel de l’œuvre devient primordial dans l’établissement d’un dialogue entre les portraits et le spectateur. Ce dernier, incapable d’échapper aux regards de ces femmes, ne peut que les fixer. C’est alors que, par d’infimes détails dérangeants, il comprend que le visage auquel il fait face n’est pas celui qu’il attendait. L’inquiétante étrangeté naît d’une dent qui porte la trace d’un rouge à lèvres, d’une asymétrie de fard ou d’une coulure recherchée. La surface du corps devient simple matière et se refuse à livrer le contenu de l’intériorité. L’espace confiné du Cabanon se présente ainsi comme le lieu d’une rencontre privilégiée entre intimité et intimidation.