De Passage

Une exposition de Roxy Russell proposée par Laura Salvadori

Du 1er octobre - 17 décembre 2015

Le Cabanon présente De Passage, une exposition de photographie de l’artiste Roxy Russell proposée par Laura Salvadori, étudiante en Histoire de l’art. Dans ce projet, visible à l’automne 2015, l’artiste explore les potentialités du médium pour fixer au mieux certains phénomènes naturels.

Du sténopé à l’appareil jetable, du photogramme à la numérisation, ces clichés proposent une réflexion sur la nature de la photographie, sa supposée instantanéité et son statut de témoin de la vérité. À l’heure du « snapshot » pris avec un téléphone monté sur « selfie stick », le travail de Roxy Russell, résultat de temps d’exposition forts variés, présente une alternative dénuée de nostalgie de par son caractère expérimental.

L’artiste cherche à transformer notre vision quotidienne en donnant des représentations inédites de lieux ou de phénomènes que nous connaissons. La trace du temps, le lien invisible unissant la terre au ciel, autant d’éléments intangibles que l’artiste capture et transforme par ses expérimentations photographiques.

La majorité des clichés composant De Passage sont réalisés sur le campus universitaire et ses environs. L’artiste inclut le visiteur au sein de ses travaux en proposant une réinterprétation de lieux qui lui sont familiers. Il laissera également la trace de son propre passage dans l’espace, puisqu’une camera obscura impressionnera tout au long du projet une image dont le temps d’exposition sera de plus de deux mois.

Dossier de presse téléchargeable ici.

 

Table ronde «L’oeuvre d’art, quelles matérialités?»

26 novembre 16h Unil, Anthropole, hall de l’auditoire 1129

Invité.e.s Olivier Lugon, Docteur en histoire de l’art, professeur à la Section d’histoire et esthétique du cinéma, au Centre des sciences historiques et au Centre de la culture à l’Université de Lausanne (UNIL).

Pauline Martin, historienne de l’art, spécialisée dans la photographie. Commissaire d’exposition indépendante et commissaire de la Nuit des Images au Musée de l’Elysée. Auteur du livre "L’Oeil photographique de Daniel Arasse. Théorie et pratique d’un regard" (Fage édition 2012).

Libero Zuppiroli, professeur de physique des matériaux à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), auteur d’un "Traité de la matière" (PPUR, 2015), coauteur, avec Marie-Noëlle Bussac et Christiane Grimm, d’un "Traité de la lumière" (PPUR, 2009) et d’un "Traité des couleurs" (PPUR, 2011).

Aliki Braine (née à Paris en 1976) est une artiste et histoirenne de l'art. Elle a étudié l'art à l'Université d'Oxford ainsi qu'à la Slade School of Fine Art de Londres et l'histoire de l'art à l'Institut Courtauld. Elle est conférencière en Photographie pour l'Université de Westminster et anime régulièrement des discussions pour la National Gallery, Christie's Education, The Serpentine Gallery et The Courtauld Collection. Sa pratique artistique s'intéresse essentiellement à la photographie et utilise le film photographique, l'autocollant ainsi que d'autres stratégies simples pour créer des photographies abstraites.

Médiateur : Claus Gunti, Docteur en histoire de l’art, chargé de cours en art contemporain, Section d’histoire de l’art, Université de Lausanne (UNIL).

Les décombres de la finitude

Une exposition de Tarik Hayward proposée par Ascanio Cecco du 19 février au 29 mai 2015

Avec Les décombres de la finitude, Tarik Hayward a prévu d’investir Le Cabanon, espace d’exposition pour l’art contemporain situé à l’Université de Lausanne, en intervenant directement sur la construction en bois qui l’occupe et lui donne son nom. Travaillant à partir d’un substrat terreux, l’artiste interroge les rapports entre les éléments de structure, qui donnent à l’objet architectural sa solidité, et la matière organique à laquelle ils sont confrontés.

L’exposition, d’une durée de quatre mois et dont le commissariat est assuré par Ascanio Cecco, donne à voir une œuvre monumentale, sujette à des dialogues constants entre son caractère à la fois stable et évolutif, dans une confrontation des espaces qu’elle évoque et des moments architecturaux auxquels elle renvoie. Ouvrant à un imaginaire futur mais non programmé de l’objet (dé)construit, l’œuvre de Tarik Hayward vit ainsi à la frontière des mondes, entre ruines en devenir et archéologie renversée.

Tarik Hayward, récipiendaire du prix Casimir Reymond, préfigure avec cette installation au Cabanon une intervention sur l’ensemble du campus UNIL. Cette dernière se développera dès le printemps 2015, à l’occasion du second volet monographique de la Triennale UNIL 2013, et se terminera à l’automne 2016.

Marathon de conférences autour de l'art et de la ruine

Dans le cadre de la prochaine exposition de Tarik Hayward au Cabanon, présentée par Ascanio Cecco, une journée de conférence est organisée autour du rapport entre ruine et art contemporain, qui se déroulera le 12 mars 2015, de 16h00 à 18h30 dans l'auditoire 271 du bàtiment Internef, à l’Université de Lausanne.

Il s'agira de réfléchir aux rapports qu'entretiennent les arts plastiques avec la ruine, en abordant la question sous des angles d'approches variés. Les conférenciers ne traiteront pas directement du travail de Tarik Hayward, mais proposeront plutôt un exposé rendant compte, dans un domaine et une époque donnée, du rapport de l'homme, du monde ou de l'art avec la ruine. Chercheurs, conservateurs et artistes fourniront ainsi des éléments de réflexions qui permettent d’éclairer un des aspects du travail de Tarik Hayward au Cabanon, mettant en perspective une problématique qui le traverse. Les participants seront:

Katharina Hohmann, artiste, curatrice et professeur responsable de l’option Construction, art et espaces, de la HEAD – Genève.

Carl Magnusson, Maître-assistant à la Section d’Histoire de l’art de l’Université de Lausanne et spécialiste de la période moderne.

Marius Schaffter , chercheur, performer, danseur, scientifique, dramaturge, acteur et Jérôme Stünzi, peintre, costumier, scénographe et sculpteur.

Diane Scott, rédactrice en chef de la revue Incise, critique dramatique et metteur en scène.

La participation à ce colloque, qui sera suivi d’un apéritif, est gratuite et ouverte à tous.

Consulter le programme de la Marathon de conférences

Workshop autour du livre et l'autoconstruction: Le Cabanon s’invite chez Urgent Paradise

Dans le cadre de l’exposition de Tarik Hayward Les décombres de la finitude, présentée au Cabanon du 20 février au 29 mai, Urgent Paradise accueille Béton Toner Service – un workshop autour du livre et de l’autoconstruction. Pendant trois jours, les commissaires des deux espaces réfléchiront avec l’artiste à la manière dont se produisent et se partagent toute une série de discours liés à la fabrication autonome d’habitats, de pratiques et d’objets donnés. Du savoir au savoir-faire, ou du tuto au manifeste, comment se diffuse « l’autoconstruire » ?

Présentation de morceaux choisis / projections : jeudi 30 avril, 16h-22h..

Infos pratiques:

Urgent Paradise César Roux 14, CH-1005 Lausanne http://www.urgentparadise.ch

En suspens

Une exposition d'Anouchka Pérez proposée par Sophie Rogivue du 6 mars au 30 mai 2014

En Suspens est la première exposition monographique de la jeune artiste suisse Anouchka Pérez, récemment diplômée de l'Ecole Cantonale d'Art du Valais. Son travail s'articule autour de la polysémie et du sens des mots, qu’elle superpose, fragmente et déconstruit. Chaque mot, selon sa complexité et sa définition, est riche d’une certaine puissance visuelle aux yeux de l’artiste. Ainsi, elle renouvelle perpétuellement le potentiel de création de la lettre et du signe, instaurant dans ses oeuvres une tension palpable entre art conceptuel, art minimal, philosophie et poésie.

L’exposition réunit des œuvres monumentales, dont l’impact visuel puissant passe par leur structure à la fois anarchique et minimale. La scénographie est structurée autour de la série de colonnes qui traverse l‘espace du Cabanon pour créer des jeux de symétrie et de perspective. Ainsi, Anouchka Pérez offre un environnement aux dimensions sculpturales qui invite le spectateur à découvrir des énigmes, initiant une réflexion sur les possibilités du langage et sur notre habilité à communiquer. L’artiste ouvre en quelque sorte un nouvel espace de création dédié au signe, le réinvestissant de toute sa puissance significative et graphique.

Agenda

Jeudi 6 mars 2014, 18:00 Vernissage de l'exposition.

Jeudi 3 avril 2014, 17:00 Visite guidée suivie d'une verrée.

Jeudi 8 mai 2014, 17:00 Table ronde autour de la place des pratiques minimales et conceptuelles sur le marché et dans le monde de l’art.

Mercredi 21 mai 2014, 18:00 L’art dans l’espace public, ça sert à quoi ? Table ronde. Plus d'informations.

If Not Yet Done (Phase 2)

Une exposition de Vincent Kohler et Davide Cascio proposée par Emilie Bruchez et Natacha Isoz, du 3 octobre au 20 décembre 2013

If Not Yet Done (Phase 2) est le fruit d'une seconde collaboration entre Vincent Kohler, artiste lausannois et Davide Cascio, artiste tessinois, initiée à la Kunsthalle de Lugano en 2012. Leur premier travail commun consiste en une série de vingt-huit estampes s'intitulant Acefalo. Elles ont pour support deux images de bustes acéphales sur lesquelles ont été superposés quatre portraits repris de Jean Arp et de Pablo Picasso. A partir d'un nombre restreint de six formes, les artistes ont cherché à démultiplier les possibilités de composition, produisant un set de planches étonnement varié. A la manière des cubistes, qui établissaient un lien étroit entre bi- dimensionnalité et tri-dimensionnalité, ils ont alors désiré que leur projet prenne forme dans l'espace, d'où l'élaboration d'une seconde étape : If Not Yet Done (Phase 2). Il s'agit de trois grandes sculptures en carton, conçues à partir de portraits de Picasso issus d'Acefalo. Chacune est assemblée de sorte qu'elle se déploie esthétiquement dans l'espace ; sa forme de base ne se laissant pas forcément reconnaître. Questionnant les liens entre socles et oeuvres, ces murs-sculptures sont également le support d'une série de plus petites sculptures en aluminium. Pour chacune de ces dernières, Davide et Vincent ont à nouveau choisi une forme de l'un et l'autre des grands maîtres, une forme à laquelle ils ont donné courbes et ondulations afin qu'elle prenne du volume. Les affiches d'Acefalo sont elles aussi accrochées sur les grandes sculptures, de manière à ce que l'on puisse prendre connaissance de la phase première du projet global. Pour les artistes, le processus de création importe tout autant que les oeuvres finies, c'est pourquoi une impression de non fini se dégage volontairement de l'exposition. Par là, ils affirment leur méthode de travail en tandem : une conception à distance et une réalisation dans l'urgence, laissant dans le flou, jusqu'à l'ultime moment, la forme finale de l'objet.

Agenda

Jeudi 3 octobre 2013, 18:00 Vernissage de l'exposition.

Jeudi 7 novembre 2013, 17:00 Visite déguisée.

Jeudi 12 décembre 2013, 17:00 Rencontre autour de la médiation culturelle.

Publication Akefalos

Akefalos voir le fanzine en vidéo

Google images is a new religion Une exposition de Yannick Lambelet proposée par Simon Wursten, du 7 mars au 24 août 2013

Yannick Lambelet est un jeune artiste suisse qui vit et travaille à La Chaux-de-Fonds. Diplômé du Master “European Art Ensemble” en arts visuels de l’écal en 2011, il a depuis effectué diverses résidences, en Finlande (Pro Artibus), au Danemark (Viborg International Billboard Painting Festival) ainsi qu’à Paris (Cité des Arts) et exposé dans plusieurs pays d’Europe.

Son travail majoritairement pictural peut se concevoir comme le résultat de questionnements sur le statut de la peinture figurative contemporaine à une époque où l’image se diffuse essentiellement sous forme numérique, processus réduisant fréquemment la peinture elle-même à l’état d’image numérisée.

Par la mise en relation d’éléments provenant de diverses images trouvées sur internet, Yannick Lambelet joue, dans une posture démiurgique, à décontextualiser et recontextualiser l’image pour mettre en valeur l’idée que celle-ci ne constitue qu’une simple potentialité revêtant une infinité de possibilités interprétatives. Refusant toute hiérarchie entre les images, le jeune artiste semble affirmer par la mise en scène de ces éléments figuratifs et par leur confrontation à des larges aplats de couleurs, fonctionnant comme des réminiscences de l’abstraction, la versatilité absolue de l’image dans son état actuel.

Agenda Jeudi 7 mars 2013, 18:00 Vernissage de l'exposition avec une performance de Jaz Ayling sur la base d’un texte de Yannick Lambelet. Jeudi 21 mars 2013, 17:00 Yannick Lambelet et Jacques Bonnard Lien externe : une proposition «rhétorique, sans pédanterie». Jeudi 25 avril 2013, 17:00 Simon Wursten, commissaire, raconte l’exposition. Jeudi 23 mai 2013, 17:00 Jeanne-Salomé Rochat, directrice artistique des magazines Sang Bleu Lien externe (tumblr Lien externe) et Novembre Lien externe (tumblr Lien externe), propose une lecture de l’exposition. Avec la participation de Rein Vollenga Lien externe. Du 22 au 24 août 2013 L’exposition s’inscrit dans le cadre du colloque ASHHA/VKKS 2013; divers événements au programme.

Presence

Une exposition de Caroline Bachmann et Stefan Banz proposée par Emily Fayet, du 8 octobre au 21 décembre 2012

QUATRE CABANES POUR UN CABANON

L’exposition Presence, spécialement conçue pour le Cabanon, a comme première volonté de s’adapter au concept ayant donné naissance à cet espace d’exposition. Pour ce faire, Caroline Bachmann et Stefan Banz ont ajouté quatre petites cabanes aux côtés du grand cabanon préexistant, la marque visuelle de l’espace. Le choix du chiffre n’est bien sûr pas anodin, les cinq cabanes abritant une série de cinq sculptures identiques, conçues en 2005 par Caroline Bachmann et éditées à cinq exemplaires par « Edition 5 ». La démultiplication des cabanes et de cet objet aux contours énigmatiques évoque alors une question centrale dans le travail des deux artistes, celle de l’original et de la copie. De plus, l’ensemble interroge le rapport du contenant et de son contenu ; les cabanes, elles-mêmes comprises au sein du grand bâtiment de l’Anthropole, deviennent ainsi à leur tour espace d’exposition.

La sculpture, intitulée Presence, est une adaptation libre d’un objet figurant sur la pochette de l’album Presence de Led Zeppelin (1976). Elle en tire sa forme et son nom, mais représente toutefois une interprétation en trois dimensions de cet objet bidimensionnel. La sculpture, de par sa couleur noire et son aura mystérieuse, évoque également le monolithe de 2001, l’Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick (1968). Emplie d’une inquiétante étrangeté émanant de sa forme indéfinie, celle-ci incarne à elle seule le noyau de chaque cabane, identique mais compris dans un espace différent. En effet, de cabane en cabane, l’appréhension visuelle de la sculpture est modifiée compte tenu ...

Big

Une exposition d'Hugo Bonamin proposée par Sarah Muehlebach et Elena Sutter, du 12 mars au 1er juin 2012

Entièrement consacré à l’artiste franco-suisse Hugo Bonamin, cette exposition touche à l’homme et à son existence. Elle propose une réflexion sur l’humanité face à la démesure et à l’excès. Lorsque l’homme se veut grand (big), comment affronte-t-il les limites imposées par les médias et les espaces structurels qui l’entourent ? Au sein de l’Anthropole, soit d’un bâtiment consacré aux études de Lettres et aux « humanités », ces questions prennent un sens tout particulier.

big est une exposition conçue spécifiquement pour Le Cabanon, tant au niveau de sa forme que de son concept. Elle intègrera les différents médias de l’installation, de la photographie, de la peinture et de l’image en mouvement. Des toiles peintes de très grand format présenteront des portraits de Gandhi, considérés par l’artiste comme des autoportraits. 391 petits portraits réalisés d’après des photographies d’étudiants de l’UNIL composeront une grande fresque représentant un visage à reconnaître – que le visiteur pourra percevoir à travers une lunette astronomique. Parmi d’autres installations interactives, un géant de douze mètres de haut s’imposera au cœur du bâtiment, comme dans un puits de lumière. Elles-mêmes sujettes à la démesure, ces œuvres poseront différentes questions, dont celles du dépassement de soi et de la quête perpétuelle du bonheur.

Qu’est-ce qui est mieux: Jimi Hendrix ou les Pyramides ?

Une exposition de Thomas Koenig proposée par Brigitte Jaermann, du 3 octobre au 23 décembre 2011

Artiste impertinent et irrévérencieux, Thomas Koenig expose des œuvres exclusivement prévues pour l’espace du Cabanon. Réparties sur toute la surface du lieu, elles proposent une exploration de l’acte créatif en associant différents moyens d’expression : le dessin, en tant que support numérisé, agrandi ou découpé ; l’installation, afin de repenser l’objet dans des volumes et des formes nouvelles ; la performance, envisagée comme un processus créatif. Usant du ready-made et du sample, puisant des références dans le street art, Thomas Koenig s’amuse à détourner la fonction et la forme des éléments utilisés pour mieux questionner le rapport que nous entretenons avec l’art.

Pour souligner le processus créatif, Le Cabanon est progressivement investi d’œuvres créées à l’occasion de trois performances prévues durant le temps de l’exposition et ouvertes à tout public (3.10, 24.10 et 5.12). Pensées comme des productions de matière et comme des actes créatifs, ces performances sont des créations de Julien Mégroz réalisées par Thomas Koenig, Constance Jaermann et Julien Mégroz, tous deux musiciens. À partir d’un programme musical allant d’un univers brouillé évoluant vers un répertoire plus classique et facile d’accès, Thomas Koenig effectuera des impressions d’encre sur papier en temps réel, sur scène, à côté des musiciens. Les affiches réalisées, placées à l’intérieur du Cabanon à la suite des trois performances, donnent ainsi lieu à une création en train de se faire. Le rapport à la musique est prolongé par une pièce de musique diffusée à l’intérieur de la cabane, spécialement composée pour cette occasion par Julien Mégroz.

L’exposition Qu’est-ce qui est mieux : Jimi Hendrix ou les pyramides ? confronte le visiteur à un questionnement sur l’objet, entre sa forme usuelle et son usage artistique. Son titre place d’emblée le spectateur dans un rapport dialectique entre deux cultures opposées, soulevant des questions sur la hiérarchie et la reconnaissance des cultures artistiques.

Hommages à la matière

Une exposition d'Etienne Krähenbühl proposée par Davide Nerini, du 1er mars au 26 mai 2011

L’exposition se compose d’une sélection d’œuvres appartenant à la production de l’artiste suisse Etienne Krähenbühl. Neuf pièces au total sont retenues et disposées selon une logique signifiante : dès les premières réflexions autour du projet destiné au Cabanon, nous avons cherché une muséographie thématisant les enjeux propres au lieu. D’abord, l’architecture articulée et monumentale des espaces, imposant des lignes complexes à la perception spatiale du visiteur, détermine un équilibre difficile entre décor et objet exposé. À ce constat s’ajoute la particularité de l’usager qui conditionne la rencontre avec les objets d’art situés dans un espace défini avant tout comme lieu de passage dénué de tout intérêt autre qu’utilitaire. Le visiteur potentiel ne regardera pas l’objet qui se dresse sur son passage comme une œuvre d’art à questionner et à déchiffrer, mais avant tout comme un objet perturbant sa trajectoire quotidienne. Ainsi, contrairement à ce qui se passe dans un contexte d’exposition ordinaire où l’objet artistique est recherché et attendu par le visiteur, le contact avec l’œuvre se caractérise ici par une certaine méfiance, voire plus communément par un non-regard d’indifférence. Cette dynamique du contact accidentel a orienté de façon déterminante notre choix vers une typologie d’objets désireux de construire un dialogue avec le visiteur à travers dʼautres moyens que la seule contemplation, c’est-à-dire en intervenant de façon efficace et directe sur lʼindividu afin de pouvoir ainsi briser sa traversée stérile du non-lieu premier.

Etienne Krähenbühl investit donc le moment de la rencontre entre le visiteur et l’objet exposé. Ce dernier semble avant tout se définir par cette rencontre, si bien qu’en son absence, il perdrait une partie primordiale de sa raison d’être, voire de sa mission. Dans ce sens, Le Secret de Nemphet Kassateht – sculpture réalisée expressément pour cette exposition – illustre parfaitement ces préoccupations. Ce monolithe en fer corrodé d’environ quatre mètres de hauteur, dynamique et imprévisible, joue avec les proportions monumentales de la colonne. Il s’impose ainsi par sa verticalité tout en surprenant la perception du spectateur par son mouvement horizontal : des centaines de kilos de matière rouillée déploient, dans ce même mouvement, une légèreté qui s’oppose fermement à l’expérience quotidienne. Ainsi, de part ses caractéristiques formelles et son emplacement, l’œuvre interroge sans cesse sa présence dans un espace donné. Elle semble en outre demander à notre œil d’en estimer les dimensions, le poids et l’immobilité. Son emplacement ne fait que renforcer ce sentiment : comme un pilier en fer, elle fait écho à une série de véritables colonnes en béton qui construisent l’espace d’exposition. Cet objet est donc instinctivement associé à une hypothétique fonction structurelle, d’autant plus que ses dimensions et son matériau lourd imposent une certaine monumentalité écrasante. De plus, il fait obstacle au visiteur lorsque, placé à l’intersection des deux espaces majeurs composant la surface de l’exposition, il détourne la fonction première du lieu de transition. Le passage ne se caractérise plus par une traversée stérile, mais il s’entend comme une rencontre. C’est ainsi que Le Secret de Nemphet Kassateht – tout comme le travail d’Etienne Krähenbühl dans son ensemble – s’offre dans une dimension anti-illusionniste. Cette dernière caractéristique est fondamentale pour dépasser la contemplation et atteindre ainsi l’activation du corps du spectateur par le biais du contact haptique. Le regardeur devient ainsi un véritable visiteur pour lequel l’accès à l’œuvre est garanti et encouragé.

Espace(s) féminin(s)

Une exposition de Jen Morris et Elodie Pong proposée par Ana Catarino Lopes et Melissa Rérat, du 4 octobre au 24 décembre 2010

L’exposition Espace(s) féminin(s) : Jen Morris, Elodie Pong propose une rencontre entre deux artistes, entre deux médiums, entre différents espaces et entre plusieurs corps. L’art vidéo et la photographie de ces deux artistes y questionnent entre autres la représentation du corps face aux stéréotypes féminins et aux symboles construits par la culture de masse. Les images qui en résultent oscillent entre le registre du spectaculaire et celui de l’intime, jouant des attributs et des matières qui suscitent l’attirance ou la répulsion.

Projetée à l’intérieur du Cabanon fermé à clé, la vidéo de Jen Morris Cheese Louise (2008) oblige le spectateur à s’approcher des fenêtres pour mieux voir les images. Sur les murs en béton, deux séries photographiques liées à cette vidéo soulèvent la question de l’enfermement : Cheese Louise (2008) montre une jeune femme emprise dans un espace hostile, tandis que les coulées blanches du triptyque Cheesus and the Driblets (2010), série photographique spécialement réalisée à l’occasion de l’exposition, présentent volontairement des formes ambiguës.

Dans la vidéo Murder In The Kitchen (2008) d’Elodie Pong, projetée au fond de l’espace à même le mur, l’image d’une Marilyn Monroe s’adresse au spectateur tout en usant d’une gestuelle de cabaret et en prononçant des paroles énigmatiques. Quant à la série des sept stills intitulée Black Boxing (2007), elle laisse entrevoir les contours d’un visage sur un fond noir qui recouvre tant l’arrière-plan que le personnage représenté. En masquant l’identité de la figure, l’obscurité rend possible une approche plus globale de la personne. Peu importe désormais à quel sexe elle appartient, car cet individu incarne l’être humain universel.