DANS l'ESPACE LE PAVILLON

Natural History 1% @ The Traverse Pavilion
Mathias Pfund

01.11 - 09.11.2018

Le Cabanon en collaboration avec le Laboratoire EAST de l’EPFL vous présente une exposition de Mathias Pfund. Vernissage le 01 novembre à 17 :00.

L'intervention consiste en l'ajout de deux poignées sur les portes coulissantes du pavillon. Ces dernières, au lieu de permettre une ouverture plus aisée, sont positionnées de telle manière à devenir des butées qui en condamnent l'accès. Pourtant, les portes ne sont pas entièrement closes puisqu'un entrebâillement permet de voir l'architecture intérieure. Les poignées sont deux vertèbres fossilisées issues d'un plésiosaure et d'un ichtyosaure, toutes deux vieilles d'environ 150 millions d'années.
Le Traverse Pavilion est un projet pédagogique de l'Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne meń par les architectes Anja & Martin Fröhlich et des étudiant.e.s de l'EAST (Laboratory of Elementary Architecture and Studies of Type) conjointement avec l'association pour l'art contemporain Le Cabanon. Il s'agit d'un pavillon pensé pour être un espace d'art en plein air réalisé à partir d'éléments recyclés sur le site brutaliste d'Elanco, récemment démoli, à Saint-Aubin (dans le canton de Fribourg). Ce complexe appartenait originellement à Novartis et était dédié à la « branche vétérinaire » du groupe, soit, en d'autres termes, à de l'expérimentation animale.
Partant de l'énoncé du projet (une collaboration entre architectes et artistes), la proposition est pensée comme une intervention critique sur l'architecture du pavillon, rejouant avec distance une stratégie du 1% culturel(1). La fonctionnalité pervertie des poignées ainsi que leur dispositif d'accrochage assuré par les vis inviolables(2) appuient leur charge décorative, et celles-ci deviennent des éléments saillants qui affectent l'économie visuelle de l'extérieur du pavillon.
L'emploi de vertèbres fossilisées ouvre certaines pistes narratives : sur un plan formel tout d'abord, la qualité minérale de ces artefacts dialogue avec celle des portes en béton. Les vertèbres peuvent résonner avec l'expérimentation animale pratiquée sur le site originel ou encore être comprises comme des vanités : l'ancienneté des fossiles est soudainement mise en regard avec celle, nettement plus relative, du béton. Les vertèbres, par excellence, se situent au cœur du dispositif structurel des vertébrés ; cet élément entretient également un rapport intéressant avec la pensée d'un béton architectonique.

(1) Pratique qui impose aux maîtres d'ouvrages publics de consacrer un pour cent du coût de leurs constructions à la commande ou l'acquisition d'une œuvre d'un artiste vivant spécialement conçue pour le bâtiment considéré. Mis en place pour soutenir la création contemporaine et sensibiliser le public, le dispositif répond à des règles spécifiques de passation de la commande publique.
(2) Espace public oblige.

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Agenda :

Vernissage 01.11.2018
Traverse Pavilion, 17 :00



Pour le semestre d’automne, une carte blanche a été confiée à Mathilde Avogadro, étudiante à l’ECAL.

Crédits photographiques : Constance Brosse.


SIMON DEPPIERRAZ AU PAVILLON

15.10 - 29.10.2018

Le Cabanon en collaboration avec le laboratoire EAST de l’EPFL vous présente une exposition de Simon Deppierraz

Le travail de Deppierraz s’inscrit dans un intérêt pour les dualités, pour l’équilibre entre forces opposées et pour les systèmes structurels. Au cours du processus initial de création, l’idée sous-jacente à ses œuvres peut souvent être identifiée au sein des domaines de la physique ou des lois et phénomènes optiques, comme la gravité, le poids des corps et leur relation dans l’espace-temps, ou encore les fréquences créées par les effets optiques. Il développe ensuite ses travaux qui se déclinent en impressions, dessins, sculptures et installations de grandes dimensions. Chacune de ses œuvres est conçue comme un système de précision caractérisé par une tension entre harmonie statique et force énergétique.

L’allégorie du temps suspendu, du gel de l’instant avant l’effondrement, sont des aspects caractéristiques de ses sculptures et installations. Les structures, qui semblent tenir en suspension dans l’air, semblent défier les forces de pesanteur. Quand on se déplace autour de ces œuvres, elles changent constamment d’aspect géométrique, ce qui révèle un autre aspect du travail de Deppierraz : le jeu avec des effets optiques et avec les erreurs de perception, que l’on retrouve également dans ses dessins et impressions.

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Agenda :
Vernissage 15.10.18
Traverse Pavilion, 19:15


Pour le semestre d’automne, une carte blanche a été confiée à Mathilde Avogadro, étudiante à l’ECAL.

Crédits photographiques : Laurent Fiorentino, ECAL.


DANS l'ESPACE LE PAVILLON

Circuit & Le Freistilmuseum au Pavillon

28.09 - 18.10.2018

Une proposition de Circuit et Jean-Rodolphe Petter. Vernissage le 28 septembre à 18:00.

« Si le Freistil cherche à redessiner les frontières entre les différents champs visuels tout en travaillant à les mettre perpétuellement en résonance » selon les mots de Julie Enckell Julliard, il témoigne également d'une "création permanente" au sens de Robert Filliou. Apparue à la fin des années septante, réactivée en 1998 et invoquée ponctuellement depuis, cette entité, initiée par un groupe d'artistes suisses allemands, a croisé le chemin de Circuit à Lausanne une vingtaine d'année plus tard. Anti-art, anti-musée, le Freistil est un dispositif tant conceptuel que matériel archivant des collections d'objets anthropologiques - ou plutôt des documents quelconques rassemblés par des individus selon un protocole défini. Rejetant la signature et la fétichisation de l'objet, le Freistilmuseum a eu et poursuit son intention de détourner les préoccupations mercantiles et de valeur engendrées par la sur-monétisation de l'oeuvre d'art. Par cela, les objets présentés sont une "sculpture" performant l'exposition. Invoqué dans un contexte particulier, le Freistilmuseum intègre les problématiques de son architecture temporaire pour en fournir une nouvelle lecture autant critique, humoristique que sémiotique. C'est sous l'égide impersonnelle du Freistil que des collections privées devenues publiques sont rendues accessibles au spectateur-trice, afin de construire, au fil des interventions de ce "musée au libre style", une archive protéiforme de son expérience.

Pour son entrée au Traverse Pavilion, le Freistilmuseum présente une série de documents et un mur bicolore blanc et vert* composé de papiers rangés dans des chemises en plastique pour classeurs fédéraux. Traverse Pavilion est une architecture expérimentale développée à partir de matériaux ayant vécu une première vie dans des complexes industriels à Saint-Aubin (Fribourg). Sélectionnés puis réagencés, ces matériaux forment désormais un pavillon éphémère dédié à l'art contemporain sur le campus de l'Université de Lausanne (Unil). En réaction à cela, le Freistil ré-active des objets aux passés multiples tout en faisant écho aux formes architecturales que ce type de construction peut adopter. Cet ensemble de documents exposés aux intempéries, sera conservé dans un classeur au terme des deux semaines d’exposition. L’archive inédite ainsi produite témoignera de l’architecture même du pavillon, de sa participation à l'altération du contenu présenté et de ce nouvel état. »

Jean-Rodolphe Petter


*Ces couleurs rappellent celles des murs d’un des locaux investis par Circuit dans les années 2000, Passage de Montriond 14, Lausanne

Visuel : LE FREISTILMUSEUM, The Bottle house, Rhyolite, Nevada, 1926, Death Valley Automobile Trip, the Online Archive of California, http://www.oac.cdlib.org